a) La crise de légitimité
Après 1945, l’État-Providence se construit autour
de l’idée généralement partagée qu’il contribue à l’amélioration du bien-être
(en anglais on parle de « Welfare
state ») et à la réduction des inégalités. Cet objectif repose sur
l’affirmation admise par tous d’une valeur de solidarité. Or, la crise va
remettre en cause tout cela. On va dénoncer l’incapacité de l’État à corriger
les inégalités alors que les prélèvements (impôts et cotisations) augmentent.
De plus, certaines études montrent que les réaffectations ne profitent pas au
plus démunis. Certes, la redistribution financière (versement d’allocation
chômage, du RMI, des allocations logement…) profite largement aux ménages dont
les revenus sont les plus faibles. Mais, il est bien connu qu’à montant de
cotisation égal un ouvrier touchera des indemnités retraites plus faibles que
d’autres catégories sociales du fait d’une espérance de vie plus courte. Au
final l’action de l’État profite avant tout aux classes moyennes.
Dans le même temps, le regain des thèses libérales
et le développement de l’individualisme remettent en question l’idée d’une
« solidarité obligatoire ». On assiste à la revendication d’un
système moins contraignant et d’une plus grande liberté individuelle.
b) La crise d’efficacité
Les économistes libéraux ont souvent condamné le
poids excessif des prélèvements qui, selon eux, découragerait l’activité des
entreprises. Celles ci ne cessent de réclamer un allégement de charges.
On met aussi en avant les effets pervers d’une
surprotection des individus. L’idée implicite est que la protection sociale
déresponsabiliserait l’individu qui ne serait incité ni à travailler, ni à
épargner et favoriserait un comportement d’assisté.
c) La crise de financement.
En dernier lieu, l’État-Providence connaîtrait une
crise d’adaptation dans la mesure où il n’arriverait plus à équilibrer ses
comptes. La crise économique a conduit à une diminution des recettes (les
chômeurs ne cotisent pas et paient peu ou pas d’impôts) et à une augmentation
des dépenses (indemnisation du chômage et prise en compte de la pauvreté). De
plus l’évolution démographique conduit à
une augmentation des ayant-droits (le « papy boom ») et à une
diminution des cotisations car ce sont les générations moins nombreuses qui
sont appelées à financer les retraites.
On a donc dû faire évoluer le système de
financement vers un élargissement de l’“assiette” de prélèvement en passant
d’un financement basé essentiellement sur les cotisations sur les salaires
(revenu du travail) à un système faisant appel à l’impôt sur l’ensemble des
revenus. C’est la Contribution Sociale
Généralisée (CSG) qui symbolise cette fiscalisation de la protection sociale.
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