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vendredi 9 janvier 2015

Complément de cours sur l'Etat providence.

a) La crise de légitimité
Après 1945, l’État-Providence se construit autour de l’idée généralement partagée qu’il contribue à l’amélioration du bien-être (en anglais on parle de « Welfare state ») et à la réduction des inégalités. Cet objectif repose sur l’affirmation admise par tous d’une valeur de solidarité. Or, la crise va remettre en cause tout cela. On va dénoncer l’incapacité de l’État à corriger les inégalités alors que les prélèvements (impôts et cotisations) augmentent. De plus, certaines études montrent que les réaffectations ne profitent pas au plus démunis. Certes, la redistribution financière (versement d’allocation chômage, du RMI, des allocations logement…) profite largement aux ménages dont les revenus sont les plus faibles. Mais, il est bien connu qu’à montant de cotisation égal un ouvrier touchera des indemnités retraites plus faibles que d’autres catégories sociales du fait d’une espérance de vie plus courte. Au final l’action de l’État profite avant tout aux classes moyennes.
Dans le même temps, le regain des thèses libérales et le développement de l’individualisme remettent en question l’idée d’une « solidarité obligatoire ». On assiste à la revendication d’un système moins contraignant et d’une plus grande liberté individuelle.

b) La crise d’efficacité
Les économistes libéraux ont souvent condamné le poids excessif des prélèvements qui, selon eux, découragerait l’activité des entreprises. Celles ci ne cessent de réclamer un allégement de charges.
On met aussi en avant les effets pervers d’une surprotection des individus. L’idée implicite est que la protection sociale déresponsabiliserait l’individu qui ne serait incité ni à travailler, ni à épargner et favoriserait un comportement d’assisté.

c) La crise de financement.
En dernier lieu, l’État-Providence connaîtrait une crise d’adaptation dans la mesure où il n’arriverait plus à équilibrer ses comptes. La crise économique a conduit à une diminution des recettes (les chômeurs ne cotisent pas et paient peu ou pas d’impôts) et à une augmentation des dépenses (indemnisation du chômage et prise en compte de la pauvreté). De plus l’évolution démographique conduit à  une augmentation des ayant-droits (le « papy boom ») et à une diminution des cotisations car ce sont les générations moins nombreuses qui sont appelées à financer les retraites.
On a donc dû faire évoluer le système de financement vers un élargissement de l’“assiette” de prélèvement en passant d’un financement basé essentiellement sur les cotisations sur les salaires (revenu du travail) à un système faisant appel à l’impôt sur l’ensemble des revenus.  C’est la Contribution Sociale Généralisée (CSG) qui symbolise cette fiscalisation de la protection sociale.


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