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1. Parce que les économistes classiques
auxquels se réfère l’auteur considéraient que le financement des
investissements nécessaires à la croissance économique nécessite la
constitution d’une épargne préalable (ce que les keynésiens contesteront
fortement). Le premier d’entre eux, Adam Smith (1723-1790), écrivait ainsi que
« l’industrie de la société ne peut augmenter qu’autant que son capital
augmente, et ce capital ne peut augmenter qu’à proportion de ce qui peut être
épargné peu à peu sur les revenus de la société » (Recherches sur la nature
et les causes de la richesse des nations, Livre IV, chapitre II).
2. Au sens sociologique du terme, les
valeurs sont des « idéaux auxquels les membres d’une société adhèrent, qui se
manifestent dans les manières de penser, de sentir, d’agir des individus et qui
sont à l’origine des normes. » . C’est précisément ce à quoi se réfère le
passage souligné : sans ce type d’idéal et, partant, sans les normes
correspondantes, les pratiques sociales ne permettraient pas de constituer une
épargne macroéconomique suffisante pour financer les investissements matériels
et immatériels nécessaires à la croissance économique.
3. Si
certains systèmes de valeurs s’avèrent plus favorables à l’épargne que
d’autres, on ne saurait cependant surestimer l’importance de ce trait culturel
(il suffit pour cela de raisonner en termes keynésiens et d’insister tant sur
le rôle moteur de la dépense des revenus que sur l’importance de la monnaie
scripturale). Le texte met néanmoins l’accent sur un point essentiel : ce qui
déclenche puis alimente la croissance économique n’est réductible ni aux inputs
en capital et en travail ni au progrès technique : l’environnement institutionnel est également
décisif, et ce au sens large du terme (si les interventions des administrations
publiques sont essentielles, les traits culturels le sont tout autant).
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